L’assureur, le patient et la donnée de santé
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Du manque d’accès aux données, à la position de dernier maillon de la chaîne, en passant par la forte concurrence, nombreuses sont les embuches rencontrées par les assureurs dans le milieu de la santé.
Ces acteurs jouent, en association avec la sécurité sociale, un rôle central dans la vie des patients. A l’heure du numérique, ils comptent plus que jamais offrir un accompagnement personnalisé et adapté aux besoins de chacun, à l’image de ce qui se fait déjà dans de nombreux autres secteurs. Le problème c’est qu’entre la volonté et la réalité il y a un écart important. Faute d’interopérabilité une fois de plus.
Pour aborder ce sujet brûlant, nous avons interrogé Yanick Philippon, Directeur des Assurances Collectives chez Generali France.
Parcours de soin : Organisation et acteurs
Il n’existe pas à proprement parler de parcours de soin universel entre le patient et son assureur. Néanmoins, nous pouvons par exemple nous appuyer sur ce qui existe actuellement via l’espace client de Generali France et son corollaire, l’application mobile. Aujourd’hui, le patient interagit avec sa complémentaire santé en amont de ses soins, pour présenter par exemple un devis, une demande de prise en charge ou solliciter un deuxième avis médical avant de démarrer un traitement ou une opération. Puis en aval, une fois que les soins ont été effectués, pour procéder aux remboursements auxquels il a droit en tant qu’assuré.
Entre ces deux phases, l’assureur ne dispose en revanche d’aucune information sur le parcours de soins du patient. Celui-ci relève des prérogatives de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM). Les informations sont alors transmises dans le Dossier Médical Partagé (DMP), un carnet de santé numérique qui conserve et sécurise les informations de santé du patient : traitements reçus lors des 12 derniers mois, antécédents médicaux (pathologies, allergies), résultats d’examens, comptes-rendus d’hospitalisation, etc. Les seuls acteurs à avoir accès et à pouvoir disposer de ces données sont le médecin traitant et tous les professionnels de santé (excepté la médecine du Travail), hôpital y compris.
Depuis janvier 2022, les DMP existants ont été migrés sur une nouvelle plateforme baptisée « Mon Espace Santé » où seront désormais créés également les nouveaux dossiers. Jusqu’en mars 2022, tout affilié à la Sécurité Sociale sera averti et pourra (s’il le désire expressément) refuser l’activation ou la création de son espace.
Mon espace santé abrite deux principales fonctionnalités. Premièrement, devenir le dossier médical de chacun. Ce qui permettra de stocker des documents médicaux, ajoutés par vos soins ou par vos professionnels de santé. Il permettra également d’alimenter de documents, informations, antérieurs à la date de création de cet espace, afin de retracer votre historique médical. En bref, le carnet de santé papier, que nous gardons précieusement depuis des années, passe au numérique.
La deuxième fonctionnalité est celle d’être une messagerie instantanée. Celle-ci nous permettra en tant que patient, d’échanger ou recevoir des informations ou document de la part de nos professionnels de santé.
Réassurance et confiance pour un meilleur accompagnement
Les contraintes que rencontrent des acteurs comme Generali, à travers son offre de complémentaire santé, ne datent pas d’aujourd’hui. L’étanchéité des données médicales des patients est totale avec les acteurs institutionnels. La CPAM le stipule d’ailleurs sur son site d’information grand public : « Ni la médecine du travail, ni les mutuelles et assurances, ni les banques, ni votre employeur ne peuvent accéder à votre Dossier Médical Partagé. Enfin, tout accès à votre DMP par un professionnel de santé non autorisé constituerait un délit passible d’une peine d’emprisonnement et d’une amende ».
C’est une contrainte dans la mesure où ces acteurs pourraient mieux accompagner les assurés s’ils avaient accès à certaines informations. En connaissant par exemple la pathologie d’un patient, il devient plus facile d’apporter un conseil pointu en matière de grille tarifaire sans pour autant nuire à la qualité des soins et des traitements.
Pour certains soins, les variations des honoraires appliqués peuvent être d’une amplitude pas toujours justifiée. Idem avec les médicaments qui sont prescrits. Un accès élargi offrirait la possibilité de bâtir des garanties santé plus précises et mieux adaptées pour le patient.
Depuis le 1er janvier 2022 avec l’ouverture de « Mon Espace Santé » dont nous venons de parler, chaque personne affiliée au régime générale de la Sécurité Sociale, a la possibilité d’accorder ou de restreindre l’accès à son DMP. Cependant, cela ne concerne que les professionnels de santé. Ainsi, un pédicure-podologue ne pourra pas disposer de vos comptes-rendus d’hospitalisation.
Un autre frein est la réticence du patient à partager ses données de santé avec son assureur. Alors que ce n’est absolument pas le cas de la part de l’assureur, il existe pourtant une crainte d’être sélectionné et quelque part, pénalisé par des tarifs plus chers ou même d’être résilié ou refusé pour pouvoir disposer d’une couverture santé complémentaire. Il y a sans doute aussi une confusion avec le processus de l’assurance emprunteur où chaque personne doit effectivement remplir sur l’honneur un questionnaire de santé et éventuellement effectuer quelques analyses médicales.
Il faut clairement continuer à faire acte de réassurance envers le patient sur le fait qu’il n’y a pas de volonté de discrimination.
De même, un travail pédagogique de fond est nécessaire en continu pour montrer la véritable valeur ajoutée pour le patient à partager certaines données. Dans le cas du deuxième avis médical auquel un patient a droit à travers sa complémentaire santé, avoir plus de données permettrait de prodiguer un diagnostic ou un conseil médical plus affiné pour le bénéfice du patient. Plus les données sont disponibles pour la compréhension du parcours de soin du patient, plus l'efficience des services proposés se verra améliorée
Plus encore que la donnée elle-même, c’est la facilitation de sa mise à disposition et de son utilisation qui est essentielle pour que le patient puisse bénéficier de la meilleure prévention possible, des meilleurs parcours de soins possible lorsqu’une intervention médicale est requise et des meilleurs suivis post-intervention possibles. A cet égard, un écosystème d’innovation en santé numérique comme Future4care constitue une formidable opportunité d’accélérer le développement et la mise sur le marché de solutions e-santé fondées précisément sur la donnée, au bénéfice de tous, en particulier des patients et des professionnels de santé.
La fracture entre les acteurs a un impact direct sur les patients
On ne peut pas nier que de fortes réticences existent et persistent à différents niveaux de la chaîne de valeur. Pour les professionnels de santé, élargir l’accès aux données de santé est très souvent assimilé à une forme de contrôle accru de leurs actes médicaux par des tiers non-légitimes, voire la possibilité plus forte de remettre en cause et contester leurs diagnostics. Là aussi, un nécessaire travail d’explication et de dialogue doit être opéré pour lever progressivement les résistances et les appréhensions et tendre vers une coopération mutuelle au service et au bénéfice du patient.
L’Etat lui-même n’est pas toujours exempt de certaines frictions. Le rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) à propos de la « Grande Sécu » (à la demande du ministère de la Santé) en est une illustration actuelle. Actuellement, quatre scénarios d’articulation entre la couverture maladie obligatoire de base et la couverture maladie complémentaire, sont étudiés. Du plus radical au plus « pondéré », ces 4 hypothèses aboutissent de facto à une nationalisation de la couverture santé et à une marginalisation des assurances complémentaires santé.
Si ce projet voyait le jour, cela créerait sans aucun doute un système profondément injuste, créant une division entre ceux qui peuvent se permettre de payer plus sans soutien public et en obtenant un accès rapide aux meilleurs professionnels, et ceux qui ne peuvent pas se le permettre.
Un tel scénario ne correspond pas aux attentes des professionnels de la santé et surtout aux attentes des Français en général qui sont profondément attachés à une certaine liberté d’activité et de choix.
Il y a pourtant des choses à faire pour améliorer la couverture sanitaire de la population, en particulier des plus vulnérables, mais ce scénario de « Grande Sécu » n’est clairement pas la bonne décision à prendre. Le bon sens doit prévaloir sur cette question.
Le numérique en santé, l’atout majeur
Ce sujet de « Grande Sécu » divise, quand les bienfaits du numérique, eux, fédèrent de plus en plus la pensée de notre écosystème. D’ailleurs, il est difficile d’être totalement exhaustif sur les qualités du numérique, tant il recèle quantité d’apports positifs pour le parcours santé du patient à quelque stade que ce soit. Par exemple, les objets connectés sont de formidables leviers pour assurer un suivi quotidien optimisé et personnalisé de diverses maladies chroniques comme l’arythmie cardiaque, l’asthme, le diabète mais aussi dans le cadre d’un suivi post-opératoire en ambulatoire et/ou à domicile au lieu d’être plus longuement hospitalisé.
La prévention est une autre dimension fondamentale où d’immenses progrès peuvent être accomplis grâce au numérique, pour une meilleure connaissance des modes de vie et de l’environnement du patient.
Pour les professionnels de santé (comme pour l’Etat et les assureurs), la médecine prédictive est aussi un vaste champ d’opportunités comme mieux anticiper et enrayer la survenue de certaines pandémies ou des épidémies plus familières comme la grippe, la gastro-entérite ainsi que les allergies saisonnières. Avec la mise sur le marché des vaccins à ARN messager contre le Covid-19, le monde a par exemple pris conscience des progrès fantastiques des technologies numériques de séquençage et de synthèse d’ARN. Cette technologie ouvre également de grandes perspectives en matière de stockage d’informations avec des capacités jamais atteintes.
L’enjeu de la télémédecine
Impossible de parler de numérique sans aborder le sujet de la télémédecine, sujet de longue date. Pour être fonctionnelle, la télémédecine requiert des infrastructures et des réseaux de télécommunications suffisamment puissants. Il y a 20 ans, l’accès à la fibre optique et au haut débit mobile était encore embryonnaire en termes de déploiement sur le territoire français.
Aujourd’hui, la fibre et la 5G disposent d’un taux de couverture nettement plus élevé bien qu’il reste encore des zones blanches où patients et professionnels de santé ne peuvent pas recourir à la télémédecine. Les usages s’en trouvent donc facilités et amplifiés.
Ensuite, au-delà de la question des infrastructures, il faut encourager dès que possible l’utilisation de services de santé à distance. A cet égard, une avancée très intéressante vient d’être faite le 27 janvier dernier. La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié quatre référentiels pour aider les acteurs de santé à s’appuyer sur la télésurveillance médicale. Ces guides définissent les conditions de prescription de la télésurveillance, les spécifications techniques minimales requises pour les dispositifs médicaux numériques et accessoires de collecte, les conditions de distribution et d'utilisation, les professionnels impliqués, la qualification des professionnels exigée, l'organisation de la télésurveillance, les dispositions minimales nécessaires pour assurer la qualité des soins ainsi que le suivi et l'utilisation de la télésurveillance.
D'ici le 1er juillet, le remboursement de la télésurveillance médicale sera généralisé pour plusieurs pathologies (diabète, insuffisance rénale, cardiaque et respiratoire chronique). A brève échéance, les patients porteurs de prothèses cardiaques implantables seront également concernés par ce dispositif. Pour un professionnel de santé, cela permet d'interpréter à distance des données pour le suivi médical de son patient, voire d'adapter sa prise en charge. Ce suivi à distance peut permettre de détecter une aggravation de l'état de santé du patient et intervenir plus rapidement. Ces dispositifs sont de véritables atouts pour faire la preuve de l’intérêt immense du numérique dans la santé.
Future4care, catalyseur et accélérateur du progrès en santé numérique
Future4care a un rôle fondamental à jouer dans cet écosystème de la santé numérique. C’est d’ailleurs ce qui a conduit Generali à être un des quatre partenaires fondateurs (aux côtés de Sanofi, Orange et Capgemini) de cette initiative novatrice et puissante qui va contribuer à modéliser la santé du futur et à trouver de nouvelles solutions technologiques et des services innovants pour les patients. Le métier de l’assurance travaille statistiquement à partir d’un volume important de données anonymisées et d’un historique de plusieurs décennies qui pourront être mis à la disposition des startups pour alimenter leurs recherches de solutions.
Dans l’univers foisonnant des startups, Future4care agit comme un véritable catalyseur qui est en capacité d’identifier les projets de santé numérique les plus pertinents et prometteurs, de les soutenir pour accélérer leur développement et leur mise sur le marché au bénéfice des professionnels de santé et des patients.
Ensuite, Future4care est un creuset physique et virtuel d’échanges et de veille technologique qui va resserrer les liens entre de grands acteurs comme les quatre fondateurs impliqués dans la santé numérique, des startups qui pourront tester, fiabiliser et lancer des solutions concrètes et innovantes, et des acteurs du monde médical, des universités ou encore des associations de patients. L’idée est vraiment d’établir plus de ponts entre ces communautés qui en fin de compte, œuvrent toutes pour un objectif ultime : mieux prévenir pour mieux protéger la santé de chacun et mieux soigner pour mieux retrouver sa qualité de vie.
Vous souhaitez rejoindre la communauté de Future4care et nous aider à accélérer le progrès en e-santé ? Ecrivez-nous ou rendez-vous sur future4care.com.
The insurer, the patient and the health data
Entrepreneurs, patients, doctors, academics, industrialists and other health professionals: we warmly welcome you to Future4Care. To follow us, don’t hesitate to subscribe.
Lack of access to data, last link in the chain, strong competition, insurers face many challenges within the healthcare environment.
These players play a central role in patients’ lives, in association with social security. In the digital age, they intend more than ever to offer personalized support adapted to the needs of each individual, as it already exists in many other sectors. The problem is that there is a significant gap between desire and reality. Once again, there is a lack of interoperability.
To address this topic, we interviewed Yanick Philippon, Director of Group Insurance at Generali France.
Healthcare pathways: Organization and actors
Concretely, there is no such thing as a universal care pathway between the patient and his insurer. However, we can rely on what currently exists via the Generali France customer area and its corollary, the mobile application. Today, the patient interacts with his or her supplementary health insurance before the treatment, for example to submit an estimate, a request for coverage or to seek a second medical opinion before starting a treatment or an operation. Then, once the treatment has been carried out, to proceed with the reimbursements to which he is entitled as an insured.
Between these two phases, however, the insurer has no information on the patient's care path. This is the prerogative of the Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM). The information is then transmitted to the Dossier Médical Partagé (DMP), a digital health record that stores and secures the patient's health information: treatments received over the past 12 months, medical history (pathologies, allergies), test results, hospitalization reports, etc. The only people who have access to this data are the attending physician and all health professionals (except occupational medicine), including hospitals.
Since January 2022, existing DMPs have been migrated to a new platform called "Mon Espace Santé", where new records will also be created. Until March 2022, all Social Security members will be notified and will be able (if they expressly wish) to refuse the activation or creation of their space.
My Health Space has two main features. Firstly, to become the medical record of each individual. This will allow you to store medical documents, added by you or by your health professionals. It will also allow you to feed documents, information, prior to the date of creation of this space, in order to trace your medical history. In short, the paper health book, which we have been keeping preciously for years, goes digital.
The second feature is that of being an instant messenger. This will allow us, as patients, to exchange or receive information or documents from our health professionals.
Reassurance and trust for better support
The constraints faced by players like Generali, through its supplementary health insurance offer, are not new. Patient medical data is completely sealed from institutional players. As the CPAM states on its public information site: "Neither the occupational health service, nor mutual insurance companies, nor banks, nor your employer can access your Shared Medical Record. Finally, any access to your DMP by an unauthorized healthcare professional would constitute an offence punishable by imprisonment and a fine".
This is a constraint insofar as these players could provide better support to insured persons if they had access to certain information. For example, by knowing a patient's pathology, it becomes easier to provide specific advice on pricing without compromising the quality of care and treatment.
For some treatments, the variations in fees applied can be of a magnitude that is not always justified. The same is true for prescribed medications. Broader access would offer the possibility of building more precise and better adapted health guarantees for the patient.
Since January 1, 2022, with the opening of "Mon Espace Santé", mentioned above, everyone affiliated to the general Social Security system has been able to grant or restrict access to their DMP. However, this only concerns health professionals. For example, a pedicure-podologist will not be able to access your hospital reports.
Another obstacle is the patient's reluctance to share their health data with their insurer. While this is absolutely not the case on the part of the insurer, there is nevertheless a fear of being selected and somehow penalized by more expensive rates or even of being terminated or refused complementary health coverage. There is probably also a confusion with the loan insurance process where each person must fill out a health questionnaire and possibly perform some medical tests.
It is clearly necessary to continue to reassure the patient that there is no intention to discriminate.
Likewise, there is an ongoing need for in-depth educational work to show the real added value for the patient of sharing certain data. In the case of the second medical opinion to which a patient is entitled through their complementary health insurance, having more data would allow for a more refined diagnosis or medical advice for the benefit of the patient. The more data is available to understand the patient's care pathway, the more efficient the proposed services will be
Even more than the data itself, it is the facilitation of its availability and use that is essential for the patient to benefit from the best possible prevention, the best possible care pathway when a medical intervention is required and the best possible post-intervention follow-up. In this respect, a digital health innovation ecosystem such as Future4care is a tremendous opportunity to accelerate the development and marketing of data-driven e-health solutions for the benefit of all, in particular patients and healthcare professionals.
The divide between players has a direct impact on patients
It cannot be denied that strong reluctance exists and persists at different levels of the value chain. For healthcare professionals, broadening access to health data is very often equated with a form of increased control of their medical acts by non-legitimate third parties, or even the greater possibility of questioning and contesting their diagnoses. Here too, the necessary work of explanation and dialogue must be carried out in order to gradually remove resistance and apprehension and to move towards mutual cooperation for the benefit of the patient.
The State itself is not always free of certain frictions. The report of the High Council for the Future of Health Insurance (HCAAM) on the "Grande Sécu" (at the request of the Ministry of Health) is a current illustration. Currently, four scenarios of articulation between basic compulsory health coverage and complementary health coverage are being studied. From the most radical to the most "balanced", these 4 hypotheses lead naturally to a nationalization of health coverage and to a marginalization of complementary health insurance.
If this project were to be implemented, it would undoubtedly create a profoundly unfair system, creating a division between those who can afford to pay more without public support and getting quick access to the best professionals, and those who cannot afford it.
Such a scenario does not correspond to the expectations of health professionals and, above all, to the expectations of the French people in general, who are deeply attached to a certain freedom of activity and choice.
There are, however, things to be done to improve the health coverage of the population, in particular the most vulnerable, but this "Grande sécurité sociale" scenario is clearly not the right decision to take. Common sense must prevail on this issue.
Digital health, the major asset
The subject of the "Grande sécurité sociale" divides people, while the benefits of digital technology are increasingly unifying the thinking of our ecosystem. Moreover, it is difficult to be totally exhaustive on the qualities of digital technology, as it contains so many positive contributions to the patient's health pathway at any stage. For example, connected objects are great levers to ensure optimized and personalized daily monitoring of various chronic diseases such as cardiac arrhythmia, asthma, diabetes, but also in the context of post-operative monitoring in ambulatory care and/or at home instead of being hospitalized for longer periods.
Prevention is another fundamental dimension where immense progress can be made thanks to digital technology, for a better knowledge of the patient's lifestyle and environment.
For healthcare professionals (as well as for the State and insurers), predictive medicine is also a vast field of opportunities such as better anticipating and curbing the occurrence of certain pandemics or more familiar epidemics such as influenza, gastroenteritis and seasonal allergies. With the launch of the Covid-19 messenger RNA vaccines, for example, the world has become aware of the fantastic progress of digital RNA sequencing and synthesis technologies. This technology also opens up great prospects for information storage with unprecedented capacities.
The challenge of telemedicine
It is impossible to talk about digital technology without mentioning telemedicine, a long-standing topic. To be functional, telemedicine requires sufficiently powerful infrastructures and telecommunications networks. Twenty years ago, access to fiber optics and mobile broadband was still in its infancy in terms of deployment on French territory.
Today, fiber and 5G have a much higher coverage rate, although there are still white areas where patients and healthcare professionals cannot use telemedicine. This makes it easier and more widespread to use.
Secondly, beyond the question of infrastructure, the use of remote health services must be encouraged as soon as possible. In this respect, a very interesting advance was made on January 27. The French National Authority for Health (HAS) published four guidelines to help healthcare professionals use remote medical monitoring. These guides define the conditions for prescribing telemonitoring, the minimum technical specifications required for digital medical devices and collection accessories, the conditions of distribution and use, the professionals involved, the required qualification of professionals, the organization of telemonitoring, the minimum provisions necessary to ensure the quality of care and the follow-up and use of telemonitoring.
By July 1, the reimbursement of remote medical monitoring will be generalized for several pathologies (diabetes, renal, cardiac and chronic respiratory insufficiency). In the near future, patients with implantable cardiac prostheses will also be covered by this system. For a healthcare professional, this will allow him or her to remotely interpret data for the medical monitoring of his or her patient, and even to adapt his or her care. This remote monitoring can help detect a worsening of the patient's health condition and intervene more quickly. These devices are real assets to demonstrate the immense interest of digital technology in health.
Future4care, catalyst and accelerator of progress in digital health
Future4care has a fundamental role to play in this digital health ecosystem. This is what led Generali to become one of the four founding partners (alongside Sanofi, Orange and Capgemini) of this innovative and powerful initiative, which will help to model the health of the future and find new technological solutions and innovative services for patients. The insurance industry works statistically with a large volume of anonymized data and a history of several decades that can be made available to startups to fuel their research solutions.
In the teeming world of startups, Future4care acts as a true catalyst, identifying the most relevant and promising digital health projects and supporting them to accelerate their development and market launch for the benefit of healthcare professionals and patients.
Secondly, Future4care is a physical and virtual melting pot for exchanges and technology watch that will strengthen links between major players such as the four founders involved in digital health, start-ups that will be able to test, make reliable and launch concrete and innovative solutions, and players from the medical world, universities and patient associations. The idea is to build more bridges between these communities, which are all working towards the same ultimate goal: better prevention to better protect the health of each individual and better care to better restore quality of life.
Would you like to join the Future4care community and help us accelerate progress in digital health? Contact us or visit future4care.com